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«  Le site de l'AFPric que vous allez consulter vous est dédié ainsi qu'à vos proches. N'hésitez pas à naviguer dans toutes les rubriques car elles évoluent régulièrement et elles vous apporteront des informations, des conseils et de l'aide pour mieux vivre votre maladie au quotidien. N'oubliez pas que l'Association a été créée par des malades, pour des malades et que la polyarthrite rhumatoïde, ensemble c'est plus facile à vivre. Contactez les délégations, participez à leurs activités, il y en a sûrement une près de chez vous et si cela n'est pas le cas, pourquoi ne pas être bénévole et la créer ? Vous pouvez compter sur nous, on compte sur vous aussi. »
Marie-Anne CAMPESE FAURE
LA POLYARTHRITE

Les traitements de fond

Les traitements de fond agissent sur l'évolution générale, au long cours, des rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC) ; ils s'opposent aux traitements symptomatiques qui eux, agissent au jour le jour. Leur action n'est pas immédiate et, sauf exception, ces traitements sont destinés à être pris sur de longues périodes (plusieurs mois ou années).

Les traitements de fond classiques, dits « conventionnels »

     • Le méthotrexate (Méthotrexate®,Metoject®, Imeth®, Novatrex®)est utilisé depuis plus de 20 ans ; c'est le traitement de référence de la polyarthrite rhumatoïde dans les formes actives érosives. Il freine la destruction des articulations.
Le méthotrexate empêche la synthèse de l'acide folique et permet ainsi d'inhiber la croissance et la prolifération cellulaire ; de ce fait, il est utilisé en cancérologie mais à plus fortes doses. Il est efficace dans le traitement de certains RIC. Il peut être associé à d'autres traitements de fond classiques (sulfasalazine ou hydroxychloroquine) pour une meilleure efficacité et l'est généralement avec les biomédicaments.
La prise d'acide folique (Spéciafoldine®) est nécessaire 48 heures avant ou après car elle prévient certains effets secondaires et diminue le risque cardiovasculaire.
Les effets secondaires les plus fréquents sont les troubles digestifs (nausées, douleurs abdominales, diarrhées,…) ; ils sont prévenus par la prise d'acide folique et parfois par le fractionnement de la dose hebdomadaire de méthotrexate en 2 prises à 8 heures d'intervalle.
Les examens de surveillance des personnes traitées par méthotrexate comprennent généralement une Numération de la Formule Sanguine (NFS) tous les 15 jours au début du traitement puis tous les mois ; cela permet de prévenir une baisse des globules blancs et des plaquettes. Un bilan hépatique tous les 2 ou 3 mois permet de prévenir d'éventuelles fibroses hépatiques que l'on rencontre surtout lors des traitements prolongés.
En cas de fièvre (risque infectieux), il est conseillé d'arrêter le traitement et de consulter ; il en est de même en cas d'intervention chirurgicale, le traitement devra être interrompu une semaine avant et repris une semaine après si tout va bien.
En cas de toux accompagnée de fièvre et d'essoufflement anormal, le traitement doit être arrêté et le médecin consulté en urgence : il peut s'agir d'un effet secondaire rare mais grave (pneumopathie immuno-allergique).
Le méthotrexate est contre-indiqué au cours de la grossesse et la contraception est obligatoire ; le traitement devra être stoppé 2 à 3 mois avant la conception.

     • Le léflunomide (Arava®) est un immunomodulateur qui agit sur la prolifération des lymphocytes, inhibant de ce fait la réaction auto-immune exagérée qui caractérise les RIC. Il est prescrit dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du rhumatisme psoriasique. Il peut être utilisé en première intention en cas de contre-indication au méthotrexate.
Ce traitement présente des effets secondaires mineurs (nausées, céphalées,…) qui cèdent généralement au bout de quelques mois, ou des effets secondaires plus sérieux comme une hypertension artérielle, une atteinte hépatique ou hématologique.
Les examens de surveillance des personnes traitées par léflunomide comprennent généralement un bilan hépatique (tous les mois puis toutes les 6 semaines), une Numération de la Formule Sanguine (NFS) et la surveillance de la fonction rénale.
Une contraception est obligatoire pendant la prise de léflunomide et il est indispensable de discuter avec son rhumatologue de la conduite à tenir en cas de désir de grossesse. En effet, le léflunomide est particulier car non seulement il est contre-indiqué pendant la grossesse, mais il s'accumule environ deux ans dans l'organisme. Devant un désir de grossesse, il faudra envisager au préalable une élimination du produit par une procédure un peu lourde mais qui peut se faire en un mois environ (procédure de « wash-out ») et permet d'éviter d'avoir à attendre un délai de deux ans pour débuter une grossesse.

     • La sulfasalazine (Salazopyrine®) appartient à la classe thérapeutique des anti-inflammatoires digestifs ; elle est utilisée comme traitement de fond de la maladie de Crohn et de la rectocolite hémorragique. La sulfasalazine agit en inhibant la production d'acide arachidonique (effet anti-inflammatoire) mais on pense qu'elle possède également une action immunosuppressive dont le mécanisme est encore mal connu.
Elle a été introduite comme traitement de fond de la polyarthrite rhumatoïde et de la spondyloarthrite mais son efficacité reste assez modeste, si bien qu'elle est aujourd'hui de moins en moins utilisée. Elle est en général assez bien tolérée mais peut donner des accidents immuno-allergiques, pulmonaires et des lupus induits.

     • L'hydroxychloroquine (Plaquénil®) appartient à la classe thérapeutique des antirhumatismaux et des antimalariques de synthèse ; il est utilisé comme traitement de fond de certaines maladies rhumatologiques telles que le lupus érythémateux systémique et la polyarthrite rhumatoïde. La fréquence de sa prescription diminue et il reste surtout utilisé dans le traitement du lupus.

     • Les sels d'or (Allochrysine®), la ciclosporine (Néoral®), la D-penicillamine (Trolovol®) et la tiopronine (Acadione®) sont des traitements de fond de la polyarthrite toujours commercialisés en France aujourd'hui mais très peu utilisés.

Traitements de fond conventionnels (anti-rhumatismaux à action lente)

Nom commercial

Molécule

Imeth®

Méthotrexate

Méthotrexate®

Metoject®

Novatrex®

Arava®

Léflunomide

Salazopyrine®

Sulfasalazine

Plaquénil®

Antimalarique de synthèse (Hydroxychloroquine)

Les traitements de fond plus récents : les biomédicaments

On appelle ces traitements « biomédicaments » ou « biothérapies » car ils sont issus d'organismes vivants (généralement des bactéries), contrairement aux médicaments classiques qui sont issus de la chimie. Ces organismes vivants sont capables de produire des protéines naturellement fabriquées par l'organisme humain (on ne sait pour l'instant pas les fabriquer autrement) ; l'action de ces protéines est renforcée ou modifiée afin d'obtenir un effet thérapeutique. Dans le cadre du traitement des rhumatismes inflammatoires chroniques, les biomédicaments ont pour fonction de bloquer l'activité de certaines cellules ou substances impliquées dans les réactions inflammatoires.

L'instauration d'un traitement conventionnel, le plus souvent le méthotrexate, est systématique en première intention. Un biomédicament anti-TNF y est parfois associé d'emblée dans les formes les plus sévères de la maladie. Il s'agit notamment des formes polyarticulaires avec présence d'érosions précoces et d'auto-anticorps (facteur rhumatoïde et/ou anticorps anti-CCP). Les traitements biologiques restent toutefois le plus souvent prescrits après échec d'un ou plusieurs traitements de fond conventionnels utilisés à dose efficace ou maximale tolérée.

Les « cibles » de ces traitements sont des messagers chimiques ayant un rôle dans les phénomènes inflammatoires ou d'érosion. On appelle ces messagers des cytokines ; il peut s'agir du TNF alpha (d'où le nom d'anti-TNF donné au médicament) ou bien d'interleukines. La « cible » peut également être une cellule comme le lymphocyte B ou le lymphocyte T qui semblent avoir un rôle crucial dans les mécanismes de l'inflammation et de la polyarthrite : en inactivant une certaine classe de ces lymphocytes, on peut ralentir fortement l'évolution de la maladie.

Traitements par biomédicaments


Nom commercial

Molécule

Laboratoire

Date d'AMM* pour la PR**

Mode et fréquence d'administration***

Indications ayant l'AMM*

Rémicade®

Infliximab :
anti-TNF alpha
(anticorps monoclonal anti-TNF alpha)

MSD
(anciennement Schering-Plough)

13 août 1999

Perfusion intraveineuse lente à l'hôpital : toutes les 8 semaines.

Polyarthrite rhumatoïde,
Spondyloarthrite,
Rhumatisme psoriasique,
Psoriasis,
Maladie de Crohn de l'adulte et de l'enfant,
Rectocolite hémorragique de l'adulte et de l'enfant.

Enbrel®

Etanercept :
anti-TNF alpha
(récepteur soluble du TNF alpha)

Pfizer
(anciennement Wyeth)

16 septembre 2002

Voie sous-cutanée par auto-injection : une injection par semaine.

Polyarthrite rhumatoïde,
Spondyloarthrite,
Rhumatisme psoriasique,
Psoriasis en plaques de l'adulte et de l'enfant,
Arthrite juvénile idiopathique polyarticulaire.

Humira®

Adalimumab :
anti-TNF alpha
(anticorps monoclonal anti-TNF alpha)

AbbVie
(anciennement Abbott)

8 septembre 2003

Voie sous-cutanée par auto-injection : une injection tous les 14 jours.

Polyarthrite rhumatoïde,
Rhumatisme psoriasique,
Spondyloarthrite,
Maladie de Crohn,
Rectocolite hémorragique,
Psoriasis,
Arthrite juvénile idiopathique polyarticulaire.

MabThéra®

Rituximab :
anti-lymphocytes B
(anticorps monoclonal qui se fixe sur le récepteur CD20 des lymphocytes B)

Roche

6 juillet 2006

Perfusion intraveineuse à l'hôpital une à deux fois par an : 2 administrations à 15 jours d'intervalle.

Polyarthrite rhumatoïde,
Leucémie lymphoïde chronique,
Certains lymphomes.

Orencia®

Abatacept :
empêche la stimulation des lymphocytes T

Bristol-Myers Squibb (BMS)

21 mai 2007

Perfusion intraveineuse à l'hôpital toutes les 4 semaines.
Disponible en voie sous-cutanée par auto-injection : une injection par semaine.

Polyarthrite rhumatoïde,
Arthrite juvénile idiopathique polyarticulaire.

RoActemra®

Tocilizumab : anticorps monoclonal dirigé contre le récepteur de l'interleukine 6

Roche

16 janvier 2009

Perfusion intraveineuse à l'hôpital toutes les 4 semaines.
Disponible en voie sous-cutanée par auto-injection : une injection par semaine.

Polyarthrite rhumatoïde,
Arthrite juvénile idiopathique systémique ou polyarticulaire.

Simponi®

Golimumab : anticorps monoclonal anti-TNF alpha

MSD

septembre 2009

Voie sous-cutanée par auto-injection : une injection par mois.

Polyarthrite rhumatoïde,
Spondyloarthrite,
Rhumatisme psoriasique.

Cimzia®

Certolizumab pégol:
anticorps pégylé anti-TNF alpha

UCB Pharma

1 octobre 2009

Voie sous-cutanée par auto-injection : 2 injections le même jour aux semaines 0, 2 et 4 puis une injection toutes les 2 semaines.

Polyarthrite rhumatoïde,
Spondyloarthrite axiale,
Rhumatisme psoriasique.

Prolia®

Dénosumab

Amgen

 

Voie sous-cutanée par auto-injection : une injection tous les 6 mois.

Ostéoporose.

*AMM : autorisation de mise sur le marché        
**PR : polyarthrite rhumatoïde
*** La fréquence d'administration peut varier selon les indications et la réponse du patient au traitement.

L'arrivée des biosimilaires

Un biosimilaire est un médicament biologique identique à un biomédicament déjà existant. Les biosimilaires sont arrivés sur le marché français en 2015 car les brevets protégeant certains biomédicaments de la polyarthrite sont tombés dans le domaine public, laissant la voie libre à tous les laboratoires pharmaceutique de les produire.
Pour en connaître plus sur les biosimilaires, lire notre fiche « Biomédicaments et biosimilaires »

Traitements par biosimilaires


Nom commercial

Molécule

Laboratoire

Date d'AMM* pour toutes les indications dont la PR**

Mode et fréquence d'administration***

Indications ayant l'AMM*

Remsima®

Infliximab :
anti-TNF alpha
(anticorps monoclonal anti-TNF alpha)

Biogaran

10 septembre 2013

Perfusion intraveineuse lente à l'hôpital : semaine 0, 2, 6, puis toutes les 8 semaines.

Polyarthrite rhumatoïde,
Spondyloarthrite,
Rhumatisme psoriasique,
Psoriasis,
Maladie de Crohn de l'adulte et de l'enfant,
Rectocolite hémorragique de l'adulte et de l'enfant.

Inflectra®

Infliximab :
anti-TNF alpha (anticorps monoclonal anti-TNF alpha)

Hospira

10 septembre 2013

Perfusion intraveineuse lente à l'hôpital : semaine 0, 2, 6, puis toutes les 8 semaines.

Polyarthrite rhumatoïde,
Spondyloarthrite,
Rhumatisme psoriasique,
Psoriasis,
Maladie de Crohn de l'adulte et de l'enfant,
Rectocolite hémorragique de l'adulte et de l'enfant.

Benepali®

Etanercept :
anti-TNF alpha (récepteur soluble du TNF alpha)

Biogen

14 janvier 2016

Voie sous-cutanée par auto-injection : une injection par semaine.
Stylo pré-rempli ou seringue pré-remplie.

Polyarthrite rhumatoïde,
Spondyloarthrite (radiographique et non radiographique),
Rhumatisme psoriasique,
Psoriasis en plaques de l'adulte

*AMM : autorisation de mise sur le marché        
**PR : polyarthrite rhumatoïde
*** La fréquence d'administration peut varier selon les indications et la réponse du patient au traitement.

Et l'avenir ?

- La diversité des traitements disponibles :
Les biomédicaments montrent depuis quelques années des résultats spectaculaires et très prometteurs ; dans l'avenir, les mécanismes des rhumatismes inflammatoires chroniques et de ces traitements seront de mieux en mieux compris et les posologies adaptées pour une meilleure efficacité et une meilleure prise en charge des patients. D'autre part, les médecins et les malades auront à leur disposition de plus en plus de biomédicaments pour atteindre l'objectif ambitieux qu'il n'y ait plus aucune érosion osseuse. Cet objectif n'est plus de la science-fiction, même s'il reste encore des étapes à franchir et que ce n'est pas encore vrai pour tout le monde.

- La médecine personnalisée :
Tout comme il n'existe pas un mais plusieurs profils de patients, il n'y a pas une mais des polyarthrites. La médecine personnalisée est née des multiples formes de la maladie et des composantes génétiques et biologiques propres à chaque patient. Cette pratique correspond à une évolution thérapeutique taillée sur mesure : elle permettra à l'avenir de proposer le traitement le plus adapté à chaque patient, c'est-à-dire le plus approprié en matière de réponse clinique et de tolérance à un traitement.
Pour en savoir plus, lire notre article « La médecine personnalisée : à chaque patient son traitement ».

Pour comprendre et en savoir plus

Visionner la vidéo « Dessine-moi 10 ans d'immunothérapies contre la polyarthrite rhumatoïde ». Un projet réalisé par Clothilde Hennequin, Cindy Orvain, Mamadou Sissokho et Arthur Oheix, Université Pierre et Marie Curie, Master mention Biologie Moléculaire et Cellulaire, parcours Immunothérapies et Bioingénierie.

Mis à jour le 12-10-2016 à 07:02:30


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