Participez aux dépistages organisés des cancers !
En France, nous avons la chance de bénéficier de trois programmes nationaux de dépistages organisés de cancers : le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus et le cancer colorectal. Un dépistage généralisé du cancer du poumon pourrait également être mis en place dans les années à venir.
Un dépistage régulier permet de détecter un cancer le plus tôt possible, ce qui améliore l’efficacité de la prise en charge, notamment grâce à des traitements moins lourds et avec de meilleures chances de guérison.
Les patients atteints de rhumatismes inflammatoires chroniques sont particulièrement concernés car certains peuvent avoir un léger surrisque de cancer par rapport à la population générale, du fait de leur maladie et/ou de leurs traitements. La prévention passe notamment par le dépistage précoce, alors ne tardez pas, prenez rendez-vous !
Publié le 27/02/2026

À l’AFPric, nous recevons régulièrement des témoignages de patients chez qui un cancer a été détecté de façon précoce grâce à leur participation aux campagnes nationales de dépistage des cancers. Une prise en charge peut ainsi être mise en place dès le début du cancer et aboutir dans la très grande majorité des cas à la rémission.
Les dépistages organisés des cancers en pratique
L’Assurance maladie envoie un courrier (postal ou sur leur compte Ameli) aux personnes concernées pour participer aux différents programmes de dépistages de cancers. Si vous êtes dans la tranche d’âge concernée et n’avez pas reçu ce courrier, demandez conseil à votre médecin traitant pour qu’il vous indique la marche à suivre.
À noter : les dépistages organisés sont entièrement pris en charge par l’Assurance maladie.
. Le cancer du sein : une mammographie de dépistage est recommandée tous les 2 ans pour les femmes âgées de 50 à 74 ans et n’ayant pas de facteur de risque particulier. Le courrier de l’Assurance maladie indique la liste des radiologues agréés de votre département pour prendre rendez-vous. Un examen complémentaire est parfois nécessaire, tel qu’une échographie des seins : hors dépassement d’honoraires, elle sera prise en charge par l’Assurance maladie et votre complémentaire aux conditions habituelles de remboursement.
Quand il est détecté tôt, le cancer du sein guérit dans 9 cas sur 10.
. Le cancer du col de l’utérus :
- pour les femmes de 25 à 29 ans : deux frottis du col de l’utérus sont recommandés à un an d’intervalle, puis tous les 3 ans si les résultats sont normaux.
- pour les femmes de 30 à 65 ans : un test HPV (détection des virus HPV – papillomavirus – sur des cellules prélevées lors d’un frottis du col de l’utérus) est recommandé 3 ans après le dernier frottis, puis tous les 5 ans si le résultat est négatif.
Les frottis peuvent être réalisés lors d’une consultation par un gynécologue, un médecin généraliste, une sage-femme, une infirmière habilitée, dans un centre de santé, un hôpital ou encore dans un laboratoire d’analyses médicales.
Il existe un léger surrisque de cancer du col de l’utérus chez certaines femmes atteintes de RIC du fait des traitements, aussi la SFR (Société Française de Rhumatologie) préconise un dépistage plus rapproché pour ces patientes que pour la population générale. La Haute Autorité de Santé (HAS) devrait émettre, courant 2026, des recommandations pour le dépistage du cancer du col chez les patientes immunodéprimées.
Lorsqu’une lésion pré‑cancéreuse est détectée et traitée à temps, la guérison est quasi certaine.
. Le cancer colorectal : un test simple et indolore consistant à détecter du sang dans les selles est recommandé tous les 2 ans pour les hommes et femmes âgés de 50 à 74 ans. Pour faciliter la démarche, vous réalisez vous-même le prélèvement de selles à domicile, à l’aide d’un kit gratuit de dépistage qui peut vous être envoyé automatiquement à domicile ou remis par votre médecin ou votre pharmacien, ou encore que vous pouvez commander sur le site monkit.depistage-colorectal.fr
Vous postez ensuite votre prélèvement à un laboratoire d’analyses, grâce à une enveloppe T fournie. Si du sang (non visible à l’œil nu) est présent dans les selles lors de l’analyse, une coloscopie vous sera proposée, permettant de repérer des lésions bénignes (polypes) avant qu’elles n’évoluent en cancer ou de détecter un cancer à un stade débutant.
Ce cancer guérit dans 90 % des cas lorsqu’il est détecté tôt.
Le dépistage du cancer du poumon
À ce jour, il n’existe malheureusement pas de dépistage systématique du cancer du poumon pour les patients à risque en France, alors qu’un tel dépistage existe aux États-Unis, par un scanner thoracique à faible dose.
Le 3 février dernier, à l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, la rhumatologue et ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a déclaré « Nous voulons qu’il y ait un dépistage généralisé du cancer du poumon d’ici à 2030.» Cette campagne devrait débuter cette année « dès le mois de mars, avec plus de 20 000 personnes qui pourront être dépistées de façon ciblée ».
Cette première phase ciblera les fumeurs ou ex-fumeurs âgés de 50 à 74 ans, qui ont une consommation tabagique cumulée d’au moins 20 paquets année (l’équivalent d’un paquet de cigarettes par jour pendant vingt ans ou deux paquets par jour pendant dix ans ou dix cigarettes par jour pendant quarante ans…).
Prévenir le risque de cancer et favoriser la rémission du rhumatisme inflammatoire chronique
Une bonne hygiène de vie est essentielle pour limiter les risques de cancer, mais également pour favoriser un meilleur contrôle des rhumatismes inflammatoires chroniques. Voici quelques exemples :
– L’arrêt du tabac : fortement recommandé chez les patients atteints de RIC. D’une part le tabagisme entraîne un surrisque de développer de nombreux cancers, mais il a également un lien avec les RIC eux-mêmes : il augmente le risque de développer une polyarthrite rhumatoïde, il est associé à des maladies plus sévères et à une moins bonne efficacité des traitements.
– L’activité physique régulière : un autre moyen de prévention du cancer. Elle est également vivement recommandée dans les RIC puisqu’elle permet de réduire l’inflammation systémique, d’améliorer la mobilité articulaire et de diminuer la fatigue et les douleurs.
– Une alimentation équilibrée : les régimes de type méditerranéen sont recommandés pour limiter les risques de cancers, mais également lorsqu’on souffre d’un RIC.
Enfin, le contrôle de l’inflammation chronique liée aux RIC, grâce aux traitements, permet de réduire certains facteurs qui augmentent le risque de cancers.
Chaque personne peut présenter des facteurs de risque individuels – des antécédents familiaux, un terrain génétique particulier, son environnement, son mode de vie – qui influencent son niveau de risque. Alors n’hésitez pas à poser vos questions et à parler de votre situation à votre médecin traitant ou à votre rhumatologue !
Pour tout savoir sur les dépistages des cancers et les réaliser :
Sources :
– Ameli.fr
– PolyArthrite infos n°139 de décembre 2025, interview du Pr Avouac p.15-17 « Rhumatismes inflammatoires chroniques et cancers : que sait-on ? »
– PolyArthrite infos n°128 de mars 2023, « Agir sur sa santé, c’est agir sur son rhumatisme inflammatoire chronique »