Une vidéo, trois témoignages : l’histoire vivante de l’AFPric
La vidéo “Histoire d’un engagement associatif” donne la parole à Aimée Jeanne‑Rose, co‑fondatrice de l’AFPric avec Marie‑Thérèse Breton et Françoise Rozier. Elle y retrace la création de l’association, son évolution, ses valeurs et les combats menés depuis 38 ans pour les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde, de spondylarthrite et de rhumatisme psoriasique.
En dialogue avec Irène Pico‑Philippe, Présidente de l’AFPric, et Sandrine Rollot, Secrétaire générale, Aimée revient sur le choix de trois femmes touchées par la polyarthrite rhumatoïde de se rassembler pour rompre l’isolement, défendre l’écoute dans la relation médecin‑malade et construire un réseau de proximité pour les malades partout en France.
Pour accompagner la diffusion de cette vidéo, nous avons proposé à Laurence, Carole et Lucas, tous trois atteints d’un rhumatisme inflammatoire chronique, de réagir à son contenu. Leurs témoignages montrent que les paroles d’Aimée résonnent toujours dans le vécu des malades, signe que la mission de l’AFPric demeure essentielle et pleinement d’actualité.
Publié le 30/04/2026

Laurence : « Elles ont osé »
Quand Laurence, 74 ans et atteinte de rhumatisme psoriasique, découvre la vidéo, quelque chose résonne. Elle retrouve dans les mots d’Aimée une époque qu’elle a elle-même connue, où la maladie était entourée de silence.
« J’ai une immense admiration pour ces trois femmes qui ont osé créer une association en 1988, dans un contexte médical très hostile. Je l’ai vécu moi-même : les maltraitances, les moqueries, l’absence totale de compréhension… On était traités comme des numéros, pas comme des êtres humains. À l’époque, il y avait aussi beaucoup de racisme, de sexisme et de discrimination. Alors voir ces trois femmes se lever et agir, c’est quelque chose de très fort. Elles ont toute mon admiration. »
Laurence se reconnaît aussi dans ce que raconte Aimée : ce moment où l’on comprend qu’on ne peut plus avancer seul.
« Moi non plus, au début, je ne voyais pas l’intérêt d’une association. Avec nos maladies, on se renferme. On ne veut pas montrer notre souffrance, on ne veut pas déranger… et parfois les autres ne veulent pas voir. Avant de rencontrer l’AFPric, j’étais au plus mal. J’ai vu une affiche dans la salle d’attente d’un hôpital. J’ai beaucoup hésité avant d’appeler. Aujourd’hui, je suis tellement contente de l’avoir fait. J’ai appris beaucoup sur ma maladie, et je n’étais plus seule dans ma souffrance. »
Et lorsque Aimée évoque ce “fil” qui relie les malades depuis tant d’années, Laurence répond :
« Pour moi, c’est un fil très solide, qui est déjà allé très loin, et qu’il ne faut surtout pas couper. L’équipe de l’AFPric est très engagée pour les malades. Ce qu’ont mis en place les trois fondatrices il y a 38 ans continue d’exister, exactement comme elles l’avaient souhaité. »

Carole : « Ce que l’on traverse peut devenir une lumière pour autrui »
Pour Carole, 54 ans, atteinte de polyarthrite rhumatoïde et membre du Conseil d’administration, la vidéo agit comme un miroir. Elle y retrouve ce qu’elle a dû construire au fil des années : une manière de vivre avec la maladie sans renoncer à soi.
« Ce témoignage m’a profondément touchée car il incarne la force et la résilience. Il rappelle combien vivre avec la maladie, c’est apprendre chaque jour à transformer l’épreuve en force intérieure. Ne jamais baisser les bras est un choix quotidien souvent discret mais profondément courageux. Chaque petite victoire laisse entrevoir que des jours meilleurs sont possibles. À travers les mots d’Aimée, j’ai compris que le courage et la persévérance ne sont pas seulement des combats personnels mais aussi des sources d’inspiration pour les autres. Cette prise de conscience a naturellement donné du sens à mon engagement au sein de l’AFPric et m’incite à poursuivre cet élan de solidarité en apportant écoute, soutien et espoir à ceux qui en ont besoin. Ce que l’on traverse peut devenir une lumière pour autrui. La résilience ne se voit pas toujours mais elle se ressent dans la manière de tendre la main. »

Lucas : « Être compris en profondeur »
Lucas, atteint d’arthrite juvénile idiopathique et âgé de 31 ans, parle d’un besoin qu’il n’avait pas identifié. Comme Aimée à ses débuts, il pensait pouvoir avancer seul. Jusqu’au jour où il a rencontré d’autres personnes vivant la même réalité.
« Je me retrouve beaucoup dans le témoignage d’Aimée, en particulier quand elle décrit sa prise de conscience, progressive, du besoin pour les polyarthritiques de se retrouver autour d’une association. Tout comme elle, je ne pensais pas avoir autant besoin de rencontrer d’autres personnes atteintes de rhumatismes inflammatoires chroniques, jusqu’à ce que je mette un pied dans l’AFPric… Mais c’est en discutant avec elles que j’ai réalisé à quel point le lien avec des gens partageant le même vécu que moi était essentiel. Afin de me sentir écouté et compris en profondeur dans cette partie de moi qui reste largement méconnue (voire inconnue ou étrangère) pour mes proches. Afin d’être entouré de personnes auxquelles je puisse m’identifier, avec qui je puisse avoir cette connexion si particulière. Voilà, pour moi, la magnifique raison d’être de l’AFPric. »

Retrouvez la vidéo sur YouTube
Le témoignage d’Aimée parle de solidarité, de proximité, d’indépendance associative et de ce fil humain qui relie les malades atteints de rhumatismes inflammatoires chroniques depuis près de quarante ans.
Un grand merci à Aimée pour avoir ouvert la voie et pour tout ce qu’elle a permis de construire au fil des ans.
Retrouvez la vidéo sur YouTube :
