Franchises médicales : la mobilisation des associations de patients a porté ses fruits, mais la vigilance reste de mise
Le 24 août 2026, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé l’abandon du projet visant à doubler le plafond annuel des franchises médicales. Il devait passer de 100 à 200 €. Face à la mobilisation des associations d’usagers, le Gouvernement a finalement renoncé à cette mesure, également vivement critiquée par les professionnels de santé, la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et de nombreux économistes.
Si cette décision constitue une première victoire collective, il est trop tôt pour se réjouir car la ministre a précisé qu’il est néanmoins prévu de porter le plafond des franchises à 140 €, soit une hausse de 40 %, applicable au 1er octobre prochain.
Publié le 31/08/2026

Une mobilisation qui a permis d'éviter le pire
Dès les premières annonces du projet de doublement des franchises médicales, les associations d’usagers du système de santé, dont l’AFPric, n’ont cessé d’alerter sur les conséquences potentielles d’une telle mesure. En effet, le dispositif de l’ALD (affection de longue durée) ne couvre pas tous les frais de santé. Certaines dépenses sont en partie ou totalement à la charge des malades : soins dentaires ou de podologie, dépassements d’honoraires, pratiques complémentaires, petit matériel médical… et pèsent très lourd dans leur budget.
L’abandon du doublement des franchises médicales constitue donc un signal positif. Il montre que la parole des personnes concernées peut peser dans le débat public lorsqu’elle est portée collectivement.
Comme le souligne Sandrine Rollot, secrétaire générale de l’AFPric : « Écouter le terrain et renoncer aux mesures néfastes pour les personnes les plus gravement malades et les plus fragiles est indispensable. Les décisions concernant les malades ne doivent pas être prises sans eux. »
Une hausse limitée qui reste préoccupante
Pour autant, il n’y a pas matière à se réjouir totalement : certes, le plafond ne sera pas porté à 200 €. Mais il augmentera tout de même de 40 %, passant de 100 à 140 € par an.
Le gouvernement affirme qu’il s’agit simplement d’une prise en compte de l’inflation depuis 2005 et que l’impact moyen serait limité. Or, ce sont les patients atteints de pathologies chroniques nécessitant des soins et un suivi médical réguliers qui seront les plus impactés. Une enquête de France Assos Santé menée fin 2024 montre que le reste à charge réel des patients s’élève en moyenne à 1 623 € sur un an pour les personnes en affection de longue durée (ALD). (1)
Dans ce contexte, toute augmentation des franchises médicales risque d’aggraver encore les difficultés rencontrées par les patients les plus fragiles.
Défendre l'accès aux soins pour tous
En pénalisant financièrement les personnes qui ont une maladie chronique, l’augmentation des franchises médicales risque de conduire davantage de patients à reporter ou à abandonner certaines consultations ou certains traitements pourtant nécessaires. L’enquête de France Assos Santé indiquait qu’ils étaient plus de la moitié à avoir déjà renoncé à des soins.
À long terme, ces renoncements peuvent entraîner des conséquences graves sur leur état de santé et générer des coûts bien plus élevés pour la collectivité.
L’AFPric défend une politique de santé qui garantisse un accès effectif aux soins pour toutes et tous et réclame des mesures d’économie qui ne pénalisent pas les patients :
– renforcer la coordination des parcours de santé,
– réduire les actes redondants ou inutiles,
– faire de la prévention une véritable priorité.
Plus nous serons nombreux, plus notre voix portera
L’abandon du doublement des franchises médicales l’a démontré : lorsque les patients se mobilisent, ils peuvent faire évoluer les décisions publiques.
Comme le rappelle Sandrine Rollot : « La mobilisation pour défendre l’accès aux soins de tous doit se poursuivre. Éviter les renoncements aux soins est un enjeu humain majeur, mais aussi un enjeu économique : retarder ou empêcher les prises en charge aujourd’hui coûte souvent beaucoup plus cher demain. »
L’AFPric reste pleinement mobilisée pour faire entendre les attentes et les besoins des personnes vivant avec un rhumatisme inflammatoire chronique. Pour être entendue et peser davantage dans les décisions qui concernent les malades, elle a besoin de vous.
Rejoignez l’AFPric. Plus nous serons nombreux à témoigner de la réalité vécue par les malades, plus notre parole sera forte et plus notre capacité d’influence sera grande.
Ensemble, faisons entendre la voix des patients et défendons un accès aux soins qui ne laisse personne de côté !
Comment mieux soigner en dépensant moins ? Consultez le plaidoyer du collectif Action Patients dont l’AFPric fait partie.