La polyarthrite rhumatoïde : symptômes, diagnostic, traitements
La polyarthrite rhumatoïde (PR) est un rhumatisme inflammatoire chronique (RIC) touchant plusieurs articulations.
Il s’agit du RIC le plus fréquent, affectant environ 0,5 % de la population, soit plus de 300 000 personnes en France.

Population touchée et causes identifiées de la polyarthrite rhumatoïde
Qui est concerné par la polyarthrite rhumatoïde ?
La polyarthrite rhumatoïde est un rhumatisme inflammatoire chronique qui peut apparaître à tout âge, mais elle survient le plus souvent entre 40 et 60 ans. À cette période de la vie, elle est quatre fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Cette différence s’atténue progressivement pour disparaître après 70 ans.
Les facteurs de risque et causes possibles
La PR est une maladie auto-immune multifactorielle. Plusieurs facteurs peuvent contribuer au dérèglement du système immunitaire :
- Environnementaux : notamment le tabagisme
- Génétiques : la maladie n’est pas héréditaire, mais il existe des gènes de prédisposition
- Infectieux : notamment la bactérie Porphyromonas gingivalis, responsable de parodontites
- Hormonaux
- Psychologiques
Pour en savoir plus :
- Visionnez l’épisode de notre émission « Les 3 minutes de l’AFPric » consacré aux causes et facteurs de risque de la polyarthrite rhumatoïde, avec les explications du Dr Frédérique Gandjbakhch, rhumatologue à la Pitié‑Salpêtrière à Paris.
Les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde
Atteintes articulaires : douleurs, gonflements, raideurs
Au début ou lors des poussées, la PR se manifeste par un enraidissement douloureux et un gonflement de plusieurs articulations, liés à une inflammation de la membrane synoviale (synovite). Les atteintes sont généralement symétriques et bilatérales (ex. : les deux poignets).
Les articulations les plus touchées sont :
- les petites articulations périphériques (mains, poignets, doigts, pieds),
- les articulations moyennes (coudes, genoux, épaules, chevilles).
Ces douleurs inflammatoires sont présentes particulièrement en fin de nuit, entrainant des réveils nocturnes, et le matin, entrainant un temps de dérouillage matinal des articulations.
Une grande fatigue est souvent présente.
La polyarthrite rhumatoïde peut également avoir des manifestations extra-articulaires.

Les manifestations extra‑articulaires fréquentes
- Une atteinte cardiovasculaire (augmentation du risque de maladies coronariennes et d’infarctus du myocarde) ;
- Une ostéoporose, fragilisant l’os et pouvant se manifester par des fractures ;
- Un syndrome de Sjögren (sécheresse des yeux et de la bouche) ;
- Des nodules rhumatoïdes (« boules » non douloureuses situées sous la peau) ;
- Un canal carpien (fourmillements dans les trois premiers doigts de la main) ;
- Une atteinte pulmonaire (pneumopathie interstitielle pouvant se manifester par la toux et un essoufflement) et de la plèvre (pleurésie pouvant se manifester par une douleur dans la poitrine ou dans le dos et parfois de la fièvre et/ou toux). L’atteinte du poumon est très diversifiée et souvent asymptomatique. Certaines pneumopathies fibrosantes peuvent être très sévères.
Les manifestations rares et sévères
- Une vascularite : inflammation des vaisseaux de l’organisme pouvant se manifester par une atteinte de la peau, des nerfs et des muscles, lorsque la PR évolue depuis de nombreuses années ;
- Un lymphome (cancer du système lymphatique) : cette complication rare survient dans le cadre de PR actives très anciennes et mal équilibrées par les traitements.
Pour en savoir plus :
- Consultez notre page sur les répercussions des rhumatismes inflammatoires chroniques (douleurs, fatigue…)
Le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde
Examens cliniques et signes évocateurs
La polyarthrite rhumatoïde est suspectée devant l’apparition de gonflements et de douleurs articulaires. Des examens permettent de conforter le diagnostic.
Analyses de sang
Les examens biologiques peuvent montrer :
- un syndrome inflammatoire : protéine C-réactive CRP et/ou vitesse de sédimentation VS élevée
- la présence d’autoanticorps : facteur rhumatoïde, anti-CCP, anti-citrulline ACPA
Ces autoanticorps sont fortement associés au diagnostic de PR, mais leur absence ne permet pas d’éliminer ce diagnostic et leur présence ne signe pas la maladie. La présence d’anti-CCP est toutefois un marqueur beaucoup plus spécifique que le facteur rhumatoïde.
Imagerie
Les radiographies peuvent montrer des érosions, signe majeur du diagnostic et critère de sévérité.
Pour en savoir plus :
- Visionnez l’épisode de notre émission « Les 3 minutes de l’AFPric » consacré aux symptômes et diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde, avec les explications du Dr Frédérique Gandjbakhch
Polyarthrite rhumatoïde : les traitements
Les traitements de fond
Les traitements de fond, qu’il s’agisse des traitements synthétiques conventionnels, des biomédicaments ou des inhibiteurs des Janus kinases, ont pour objectif de :
- Stopper l’évolution de la maladie
- Empêcher la destruction des articulations
- Permettre la rémission
Plus ils sont débutés précocement, idéalement dans les premiers mois de la maladie, plus les chances d’obtenir la rémission sont importantes.
Il peut être nécessaire d’essayer plusieurs traitements avant de trouver celui qui sera réellement efficace.
Les traitements symptomatiques
Les traitements symptomatiques : corticoïdes, antidouleurs, anti‑inflammatoires, peuvent être utilisés :
- Au début de la maladie, le temps que le traitement de fond atteigne son plein effet
- Lors des poussées, pour soulager les douleurs
Hygiène de vie et mesures associées
En complément du traitement médicamenteux, une hygiène de vie adaptée est essentielle :
- Arrêt du tabac
- Activité physique adaptée et régulière
- Alimentation équilibrée…
Pour en savoir plus :
Quelle évolution pour la polyarthrite rhumatoïde ?
La polyarthrite rhumatoïde évolue par poussées inflammatoires, d’intensité et de durée variables. L’évolution de la PR dépend du bon contrôle de l’inflammation.
En l’absence de prise en charge adaptée, l’inflammation chronique peut entraîner des lésions irréversibles des articulations, avec érosions osseuses et destruction du cartilage, pouvant conduire à des déformations articulaires, voire à un handicap fonctionnel.
Le recours à la chirurgie est parfois nécessaire (synovectomie, arthrodèse, pose de prothèse).
Parallèlement, les complications extra-articulaires définissent la PR sévère mais sont aujourd’hui de plus en plus rares.
Une évolution plus favorable aujourd'hui
Grâce à l’évolution des connaissances sur la maladie, à un diagnostic de plus en plus précoce, à la large palette de traitements disponibles, à l’amélioration de la stratégie thérapeutique, l’évolution de la PR est aujourd’hui bien plus favorable qu’il y a 20 ans et la plupart des malades peuvent maintenir une bonne qualité de vie.
La polyarthrite rhumatoïde fait l’objet de très nombreux travaux de recherche et de nouveaux traitements arrivent régulièrement sur le marché. L’objectif clairement affiché aujourd’hui, quelle que soit la sévérité de la maladie, est d’obtenir la rémission.





